LEVALLOIS - OLYMPIQUE PARIS 0-3


LEVALLOIS 3OLYMPIQUE PARIS 0
Coupe de France
6000 spectateurs
04/03/1923
Stade des Bourguignons, Asnieres
Affluence record, 20 000 F

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Compte rendu dans la presse — Gallica (BnF)
LA VICTOIRE DES OLYMPIENS

Olympique bat F.E.C. Levallois, par 3 buts à 0. Le public est entré dans le trop petit stade des Bourguignons, à Asnières, tant qu’il y a eu un peu de place pour le recevoir, ce qui a fait environ 5.000 spectateurs. Puis quand le stade fut plein les bar- rières cédèrent à la pression extérieure et le stade se trouva ainsi considérablement agrandi. On a dû encaisser dans les 20.000 francs, ce qui est superbe vu l'éloignement du terrain. M. Slavick, qui arbitra fort bien, fit preuve d'une grande autorité, d'abord avant le coup d'envoi en faisant expulser manu militari les photographes inoffensifs, puis, ce qui est plus sérieux, en répri- mant dès le début les infractions au jeu correct. Là encore il se montra parfois sévère, mais c'est aux résultats qu'il faut juger les hommes. M. Slavick a su obtenir un match courtois de deux équipes que l'on estime généralement dénuées de courtoisie. Il faut l'en féliciter. Au commencement de la rencontre on a pu croire que Levallois allait, comme prévu, vendre chère- ment sa peau — si je puis dire — mais après un quart d'heure de jeu, sur un corner botté par De- vaquez, Darques reprit et marqua à ras de terre. Levallois réagit et Mistral fut très heureux de pla- cer un coup de botte dans la balle au moment où elle se trouvait juste sous la barre et tandis que Cottenet était tombé. L'Olympique domina ensuite aussi nettement qu'il est possible, sans pouvoir cependant traduire son avantage par de nouveaux buts. Le repos arriva sur la marque : 1 à 0 en faveur des visiteurs. A la reprise, le vent devint l'auxiliaire de Leval- lois, mais les Harengs ne savent pas pratiquer le vol à voile et Eole ne consentit- pas à porter seul la balle dans les filets de Cottenet, qui fit d'ail- leurs une superbe partie. Aussi bien l'Olympique n'attendit-il que trois minutes pour augmenter son avance grâce à un shot de Mercier, suivi d'un loupé du gardien de but Hammers et d'un im- pétueux déboulé de Dufour qui s'empara de la balle et marqua dans un beau style. Deux à zéro c'est dur à remonter. C'est ce que pensèrent les joueurs de Levallois qui firent bien comprendre aux spectateurs que les carottes étaient cuites. Ils continuèrent à s'intéresser néanmoins aux belles phases de jeu de la ligne attaquante des olympiens qui était alimentée surtout par Mistral et un peu par Clère, tandis que Parachini ratait tout ce qu'il voulait. Le Levalloisiens essayèrent bien de temps à autre, histoire de se dégourdir les jambes, de venir inquiéter Cottenet, mais soit que Cottenet veillât, soit qu'Adolphe — vraiment bril- lant — dégageât ou que Baron mît en touche (ce qu'il exagéra quelque peu de faire), ils ne réussi- rent pas à sauver l'honneur, comme l'on dit. 8 minutes avant la fin ils eurent la satisfaction morale de voir la balle malgré tout dans les filets de Cottenet, mais ce dernier, tombé, avait été chargé irrégulièrement et ce fut un coup franc qui termina ce petit incident. Les équipes étaient celles que nous avions annon- cées, c'est-à-dire complètes.

L'Écho des Sports  📄 Gallica
Olympique bat F.E.C. Levallois :3-0

Le tertrain du F.E.C. Levallois, à Asnières, a vu hier, pour la première fois de sa carriè- re, la grande foule l'envahir. On peut évaluer, en effet, à 6.000 spectateurs bien tassés le nombre des personnes qui avaient fait ce voyage.

La partie ne fut pas d'une pureté bien re- marquable. La faute en est sans doute au vent qui souffla violemment pendant tout l'après-midi et qui rendit pénible le contrôle de la balle. L'Olympique prouva cependant une meilleure adaptation aux circonstances.

Profitant du vent au cours de la première mi- temps, l'Olympique marqua un but, après avoir dominé constamment. L'on pouvait croire cependant que la physionomie de la partie changerait en seconde mi-temps, car Levallois, s'il avait été dominé, n'avait pas été surclassé. Il eut même quelques échappées très dangereuses qui auraient pu lui permet- tre d'égaliser, avec un peu de chance et un peu plus de décision de la part de sa triplette du centre. Mais, répétons-le, l'Olympique do- mina incontestablement.

Mais lorsque par la suite, le vent vint fa- voriser les Harengs, la pression de l'Olympi- que se fit, sinon plus vive, du moins plus dangereuse, soit que l'effort fourni par Leval- lois en première mi-temps ait épuisé ses joueurs, soit tout simplement que la classe des Olympiens se soit alors imposée. Dans le jeu en l'air, ils furent alors tout à fait supé- rieurs à leurs adversaires. Ceux-ci se montré- rent également beaucoup moins vites sur la balle et dans l'exécution de leurs mouve- ments, plus individuels d'ailleurs que collec- tifs. Il n'y a pas de doute que la victoire de l'Olympique soit pleinement méritée. On ne tis. Il n'y a pas de l'Olympique soit pleinement méritée. On ne peut même pas dire qu'elle est exagérée. Les joueurs du Stade Bergeyere montrèrent, en ef- fet, un courage et une ardeur plus constants que ceux de Levallois où l'on vit plusieurs individualités jouer avec mollesse. Il nous fut agréable de constater en outre que le jeu fut très correct et très courtois. Fé- licitons de ce résultat M. Slawick qui fut un arbitre plein de clairvoyance et d'autorité et les joueurs d'avoir compris qu'il ne servait à rien de jouer trop vigoureusement. Le premier but de l'Olympique fut réussi au bout de 11 minutes de jeu. Sur une charge du- re de Romano, près de la ligne de but de Le- vallois, l'Olympique obtint un coup franc. Dewaques le centra très bien et Darques dé- marqué plaça un shot qui ne laissa à Hamers aucune chance. Les attaques nombreuses de l'Olympique échouèrent par la suite jusqu'à la mi-temps, de même que les échappées de Levallois. Dès le début de la seconde mi-temps, l'O- lympique se montra menaçant. Sur un shot, Hamers bloque mal ; Mercier reprend la balle et marque le second but. Le troisième fut réus- si au bout de vingt minutes, à la suite d'un contre de Mercier que Hamers ne put inter- cepter et que Stuttler utilisa fort bien. En toutes ses lignes l'Olympique a dominé. Par son gardien de but, Cottenet, qui n'eut que peu de chose à faire, mais montra une grande sûreté dans ses arrêts, tandis que Ha- mers eut la plupart du temps un mauvais contrôle de la balle et un dégagement assez faible. Par ses arrières mêmes qui furent évi- demment beaucoup moins à l'ouvrage que ceux de Levallois mais qui se montrèrent plus sûrs dans le jeu de volée qui était le jeu de la journée. Par ses demis qui opposèrent toujours une solide barrière à l'attaque ad- verse bien peu homogène. Alors que les trois demis de l'Olympique étaient tous bons, à Le- vallois, seul Charruau donna vraiment satis- faction. Par ses avants, enfin, où Stuttler, Darques et Dufour jouèrent au mieux de leur condition, Mercier et Dewaouez se montrant inférieurs à eux. A Levallois, aucun des avants ne se fit remarquer. Carouble fut peut-être le moins mauvais d'une ligne où l'on ne pratique guère le jeu d'ensemble.

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